Attaché(e)s de presse. Quel job ! Maintenant que je suis à France Info, je reçois un ou deux appels et une dizaine de mails d’attaché(e)s de presse chaque jour. Dur métier. D’autant plus ingrat que l’époque confond de plus en plus souvent l’événement et l’information. Une information c’est peu de chose, c’est un grain de sable dans une mécanique, c’est un fait qui surprend, c’est une nouvelle qui bouscule le cours des choses, ça donne à comprendre le monde (ou à ne pas le comprendre, d’ailleurs). Les anglais disent qu’une information c’est « un maître qui mord son chien ». Les attaché(e)s de presse vous amènent le plus souvent des chiens qui mordent leur maître. Elles ou ils le font bien. D’abord elles ou ils vous appellent très vite par votre prénom pour créer une forme de proximité car c’est bien connu, c’est entre deux complices que circulent les meilleurs tuyaux. Ca rappelle la technique du chef de l’Etat avec les journalistes. On tutoie, on personnalise, on crée de la proximité, on est copain. Ensuite, elles ou ils vous présentent l’événement. Généralement, c’est une première fois. « Pour la première fois en Europe » disent leurs communiqués. Ensuite, c’est un dispositif festif extraordinaire de RP : les journalistes seront reçus sur une péniche à vapeur qui fera le tour de Paris avec un orchestre à 1000 cordes et la croisière se terminera par une présentation de l’offre produit et un lâché de colombes. L’attaché(e) de presse peut aussi vous accorder un privilège et réaliser votre rêve secret : rencontrer Bruno P, son patron. Bruno serait ravi de pouvoir trouver dans son agenda de manager génial et hyperactif un moment pour s’entretenir avec vous des performances de sa PME. Un petit déjeuner avec ce demi-dieu ! Par petit déjeuner, il faut comprendre un morceau d’intimité avec le grand homme, au saut du lit ou presque. C’est entre deux tartines et une tasse thé, que véritablement, le courant pourra passer. C’est dans ces instants parfaits (ou le journaliste et le patron ne sont plus que de hommes de bonne volonté) que Bruno saura lâcher le pourcentage qui fait mouche, la réflexion stratégique qui vous inspirera THE papier ou THE chronique ! Tout ça vise au final à transformer le chroniqueur ou le journaliste en auxiliaire de communication. Après avoir écouté l’argumentaire de cette petite fabrique d’événement, la seule parade à cette stratégie de séduction et de connivence, c’est souvent une stratégie d'esquive qui ne sait pas dire non et qui ne dit pas son nom : « envoyez moi un mail, je verrai ».
Bien entendu on ne voit rien du tout.





Je vois.
Et si vous nous envoyiez nous, vos blogueurs, en tant qu'attachés d'attaché de presse? Après on vous raconte par commentaires interposés (nan, on veut pas voir la tête de votre pyjama) les moteurs vapeur à essence, le lacher de pigeons, l'orchestre de tambours et trompettes, le degel du jus d'orange du brunch, le pyjama à rayures horizontales de Bruno (nan aucune affabulations, des faits, rien que des faits, vous pouvez faire confiance aux blogueurs, ils ont bonne réputation oui ou non?)... Nous ne sommes pas blasés d'événements festifs et nous ne sommes pas coercibles, nous.
Rédigé par: mme petit poisson | 16 janvier 2008 à 10:29
j'ai rien compris...c'est quoi? du nombrilisme narcissique, j'étudie mon petit monde, je me gratte la tete, la vie est dure, qu'est-ce que je vais faire? je sais pas quoi faire...?
Rédigé par: king selewa | 16 janvier 2008 à 11:46
Explication pour ceux qu'ont rien compris, ou qui font semblant.
Il taille un costard aux attachés de presse pour montrer que :
"Les journalistes n'ont plus les yeux qui s'pressent
Pour un jeu de dupes :
Voir sous les jupes des attachés de presse" (merci Souchoninouchou)
En gros je crois que c''est pour montrer qu'ils, les journalistes, dont lui, n'attendent rien de ce jeu de dupe, et pas pour revendiquer que bien que, appartenant à la catégorie privilégié, il a malgré tout le droit de se victimiser en se plaignant du harcélement des attachées de presse, ni pour avoir des commentaires qui disent "oh le pauvre".
Alors tout va bien dans le meilleur des blogs de nombril, king.
Rédigé par: mme petit poisson | 16 janvier 2008 à 12:26
Il est très sympathique et intéressant Bruno P.
Rédigé par: leafar | 16 janvier 2008 à 16:53
C'est vrai que cela doit être dur... Peut-on rester plus blanc que blanc très longtemps?
Rédigé par: Auteure | 16 janvier 2008 à 17:22
Il est vrai que là, j'ai un peu de mal à compatir; ça me rappelle un journaliste de Télérama qui se plaignait d'avoir plein de boulot pendant le festival de Cannes, où il avait été envoyé par son journal. C'est vrai, quoi, tous ces films à voir, ces célébrités à cotoyer, ces attachées de presse à se décoller du plastron.Faut comprendre que ceux qui ont la belle vie, la vraie vie, c'est les petits, les sans grade, ceux qui se tapent des cadences, des patrons, des engueulades et des courses à faire. Connaissent pas leur bonheur, surtout pour moins de 2000 euros net par mois.
Clopine
Rédigé par: Clopine Trouillefou | 16 janvier 2008 à 19:35
Je remarque qu'il est plus souvent parlé d'Une Attachée de presse, que d'Un. Serait-ce parce que le féminin sied mieux à la contradiction? Qu'une femme est forcément tortueuse et indécente?
Veule même...
Rédigé par: Ramon | 16 janvier 2008 à 20:48
'Pas que je souhaite polémiquer, mais je n'ai pas vu dans ce texte ce qui fait "je larmoie sur mon pauvre sort de starlette des médias". Au contraire, dans le genre (déjà exploré, David, mais vous le saviez), c'est plutôt sobre par rapport à ce que j'ai pu lire déjà sur le sujet.
Non ?
Rédigé par: Termajus | 16 janvier 2008 à 21:02
Et vous avez rêvé où que je me plaignais ? C'est pas parce qu'un post voit un billet geignard que les trois suivants doivent lui emboîter le pas... C'est juste un billet qui décrit un phénomène en cours dans toutes les rédactions et tous les bureaux de presse. Moi victime ? Et arrêtez de croire que c'est un privilège de recevoir un communiqué de presse !
Rédigé par: David | 17 janvier 2008 à 09:43
petite coquille /
"que de(s) hommes de bonne volonté"
juste pour la forme ;-)
Sinon, ça se lit bien (je plaisante).
MM
Rédigé par: Marc MALDINEZ | 17 janvier 2008 à 14:55
c'est quoi, la définition du mot "gérer"?
Moi c'est pareil, je "gère" les appels téléphoniques intrusifs publicitaires (je raccroche), les pubs dans ma boite au lettre (je les jette) et à la télé (je zappe).
Facile, la gestion, quoi...
Rédigé par: Lo | 17 janvier 2008 à 21:49
Monsieur Abiker, c'est comme ça, vous faites envie.
Donc, comme on vous imagine sur une sorte d'Olympe, à boire du nectar, de l'ambroisie et à manger du caviar, à rencontrer lors de vos journées passionnantes et palpitantes ces êtres hors du commun que sont les écrivains, les journalistes, les directeurs de rédaction et les éditeurs, tous habillés en toge blanche, courtes, sur de belles jambes musclées, avec des harpes d'or coincées dans leurs bras, bref vu que vous passez vos heureux jours à faire des tas de trucs avec des tas de gens, du coup, revers de la médaille, vous n'avez pas le droit de casser (même légérement) le mythe . Songez à ce qui arrive à ceux qui cassent les rêves...
Je plaisante mais il y a sans doute un peu de ça. De la bonne vieille jalousie de derrière les fagots, quoi. Vous me pardonnez, d'accord ?
Clopine, c'est pas tout ça mais faut que j'aille relever les oeufs, moi. Pis rentrer les bûches, pour le poêle. Avec un peu de chance, Monsieur Daboval va peut-être passer rendre le motoculteur, je verrai quelqu'un d'autre que le chien ou le chat...Bon, je dis pas ça pour vous tirer les larmes, mais...
Rédigé par: Clopine Trouillefou | 18 janvier 2008 à 10:29
On la retrouve partout, la clopine trouillefou...
Jusqu'a essayer de casser des œufs...
C'est un plan média qui casse tout et rien!
Rédigé par: Ramon | 18 janvier 2008 à 22:12
Moi dans mon monde privilégié, c'est pareil. Eh oui! -ça vous en bouche un coin- bon, je suis la seule qui appelle mes privilèges des privilèges, les autres disent que non mais il suffit de leur rétorquer nananère, et alors je vois bien que là où je vis, loin du regard des autres, c'est un monde privilégié.
Donc c'est pareil, ou presque j'ai une attachée de paresse qui me sollicite plusieurs fois par jours : des longs mails avec des power points de vingt diapos à mourir de rire, des blogs à lire et relire, le nouveau site d'asi où je déambule en vain des heures à la recherche des ambiances du bbb et de l'ancien site. Et même sans ordi, mon attachée arrive à me joindre : des livres, des émissions de radio, à lire, à écouter couchée, bonne occasion pour roupiller. Et puis le ménage, la vaisselle, repeindre la salle de bain dont les peaux mortes se décollent du plafond en béton, elle me le déconseille gentiment... La seule corvée pour laquelle je fais comme David, je l'esquive mon attachée de paresse, c'est pour faire les courses. Mais quand elle voit que j'ai fait le plein de ce qui manquerait, mais qu'il n'y a pas de quoi se concocter un seul vrai repas ou que j'ai racheté le café en lot mais pas les filtres dont la boîte est vide, ça la rassure l'attachée de paresse.
C'est dur, mais je ne me plains pas.
Rédigé par: mme petit poisson | 19 janvier 2008 à 00:18
J'adore votre billet... en effet, il me fait d'autant plus rire que j'aurais pu écrire le même billet d'humeur en ayant de l'autre coté de la barrière...
Je viens de sortir un roman et, bien entendu, j'ai mon attachée de presse qui se charge de trouver des journalistes amis qui pourraient écrire quelques lignes sur mon roman... et, comment dire... ce vague sentiment d'être transformé en pot de yaourt dans les mains expertes d'une attachée de presse.
En conséquence, votre billet me confirme quelques points :
1- ce n'est pas gagné pour obtenir un article dans les colonnes de Télérama
2- on est jamais aussi bien servi que par soi même
3- la population des attachées de presse et décidément une population bien étrange :-)
Bonne journée à vous,
Gaël Chatelain
Rédigé par: Gaël Chatelain | 19 janvier 2008 à 09:31
Euh, Ramon... Je viens de lire votre post... Vous auriez peut-être simplement pu dire que si vous me croisez là où vous-même allez, c'est que nous aimons les mêmes choses ? Oh, et puis non : il est vrai que personnellement, j'aime être courtoise.
:<((
Clopine
Rédigé par: Clopine Trouillefou | 19 janvier 2008 à 10:30
L'attachée de presse! Etrange espece en effet...
J'aimerais bien la defendre, mais mon français risque de me trahir, je vais plutôt vous envoyer ma copine Cathy, la plus attachante attachée de presse de la blogosphere!
Rédigé par: ecaterina | 19 janvier 2008 à 12:10
Tu penses, ecaterina, qu'elle arrive à grandes enjambées l'attachée de presse attachante!
Comment ne pas:
1: sourire
2: comprendre
3: compatir...mais dans une certaine mesure tout de même! Y'a pire que d'être invité(e) à bouloter des p'tits fours et se rincer au champagne. N'est-ce pas?
Les travers énumérés pour arriver à la finalité suprême, THE papier, sont ceux que je m'efforce de contourner. Il est possible d'exercer ce métier sans pratiquer la flatterie, le rond de jambe forcé, et la fausse copinerie. Je ne suis pas la copine des journalistes, mon travail leur est utile, le leur m'est indispensable. Ces bases étant posées, on ne peut que bosser en bonne intelligence.
Rédigé par: Cathy | 19 janvier 2008 à 12:30
@clopine: je n'ai pas été courtois? Le but immédiat n'était pas là, mais dès que je trouverai un bon sujet, je vous en parlerai avec courtoisie...
Celui d'hier soir n'en était pas un, juste une mauvaise excuse pour une mauvaise plaisanterie!
Rédigé par: Ramon | 19 janvier 2008 à 15:22
Excellente description. Vision détachée de l'intérieur d'un système qui évolue sur différents balanciers dont le curseur se situe entre information et communication, l'entrevue entre vente/séduction et peut-être matérialisme, avec les stratégies devenues classiques visant à montrer l'appartenance à un certain groupe passant par l'adoption et la revendication de normes sociales... tout ça dans le style.
J'aime savoir que la conscience reste éveillée.
Rédigé par: Naan | 26 janvier 2008 à 12:55
Tout ça n'est pas très nouveau. J'en vis et pourtant je pense que le jour où le traitement de l'information pourra se passer des attachés de presse, on aura fait un grand pas dans la démocratie. En attendant, on peut juste espérer une meilleure communication au service de sujets incontournables trop souvent contournés.
Rédigé par: Eric | 27 janvier 2008 à 15:24
Moi je veux bien des tuyaux puisque je suis attachée de presse bénévole pour une maison d'éditions et que je rame! Alors un bon guide serait le bienvenue msieur!:)
Rédigé par: Elisabeth Robert | 31 janvier 2008 à 19:49
Bonjour, en fait je recherche une personne géniale qui pourrait booster vers le succès mon "paquet" comprenant :
-un petit livre de 2 nouvelles, format CD de 40 pages (j'ai un éditeur parisien)
+ -un Single de 2 chansons inédites.
Originalité multidimensionnelle...........
Tu connais cette personne rare ?
A Bientôt,
gr@tien
Rédigé par: midonet | 05 octobre 2008 à 21:41
Rappellons du fait que quand vous lisez la presse par exple et bien 80% des articles ont pour source des RP ou agence de presse alors qui est le larbin de qui????
Rédigé par: Martin | 04 novembre 2008 à 17:30