On connaissait déjà « La cigarette ? C’est sûr, j’arrête lundi » ; « Je te jure, cette fois c’est bon, je me mets au tri sélectif » et puis hier, il a eu ça. « Avec Carla c’est du sérieux ». Comment expliquer que certaines affirmations produisent l’effet inverse de celui recherché par ceux qui les énoncent. Quand je l’ai entendu, j’ai éclaté de rire, je ne l’ai pas pris au sérieux, l’amoureux. Pas assez transi à mon goût, ce Roméo là. « Avec Carla, c’est du sérieux ». Un dialogue à la Jean-Marie Poiret dans Les Bronzés ? Un copain volage qui prend de bonnes résolutions pour 2008 ? Décomposons la confidence livrée en pâture aux 600 journalistes. Il y a d’abord « avec », « avec » qui est le trivial raccourci d’ « ensemble », la simplification vulgaire de « tout les deux », « avec » qui résume sans délicatesse le coup de foudre entre deux êtres. Ensuite il y a le prénom lâché au débotté sans qu’il soit suivi du nom de la prétendante au statut de première dame. « Carla » tout seul qui étale une familiarité qu’on n’attendait pas nécessairement ici, sous les lambris (Imaginez le grand Charles "Avec Yvonne, c'est du costaud"). Ce « Carla » sans nom jure comme une faute de goût ou une braguette ouverte. Enfin, la qualification du sujet : « c’est du sérieux ». « C’est du sérieux » pour résumer qu’on ne badine pas avec l’amour et qu’on ne plaisante pas avec les sentiments. « C’est du sérieux » comme il aurait dit « c’est du lourd » ou « c’est du brut ». Enoncer qu’on aime en public est toujours un exercice codifié. Il y a des endroits pour ça. Un banc au jardin du Luxembourg parmi les promeneurs et les enfants qui jouent, la salle des mariages bondée d’une mairie ou le salon des beaux-parents. Jusqu’à présent, seuls les Britney Spears et les David Beckham ouvraient aux curieux les portes habituellement closes de ces parties peu communes ; avec le concours des tabloïds, évidemment. Hier, le Président n’a pas seulement inspiré les couvertures de ces publications. Avec cette sortie, il les a rédigées lui-même.
Sérieusement, il aurait pu faire mieux, au nom de l’amour, justement.





Comme c'est joliment décortiqué, comme une petite crevette rose dans une sauce mayo :o) L'Amour, oui, est un sujet sérieux, à ne pas donner en pâture, surtout devant 600 journalistes avides. Il se trompe de chemin cet homme ou bien il ne connaît pas le vrai sens du mot Amour. Indécent.
Rédigé par: Nath | 09 janvier 2008 à 09:58
Moi, je sais pas pourquoi, mais j'y crois toujours pas à cette histoire. C'est plus fort que moi. Ou alors je vais devoir arrêter de bien aimer Carla Bruni. Parce que bon.
Rédigé par: cath | 09 janvier 2008 à 11:02
Un effet collatéral de la grève des scénaristes d'Hollywood peut-être ?
Rédigé par: Ø | 09 janvier 2008 à 13:49
Quelle pathétique célébration de l'inculture sous les ors de la République!
Notre (comme ce possessif m'écorche la bouche) président s'invente des répliques à la Audiard... Je l'imagine bien dans une parodie de Sautet, accoudé au zinc du Café du Commerce tandis que sa belle, assise sur la banquette, regarde au loin, étrangère aux clients et au lieu (alors) enfumé :
- "Tu vois Dédé : avec Carla, c'est du sérieux..."
On n'a pas fini de rire...jaune.
Rédigé par: Auteure | 09 janvier 2008 à 14:03
Eclat de rires !!! merci grace à vous c'est la premiere fois que ce deballage pitoyable me fait rire. et pourtant, " c'est du grave de chez grave"!
Rédigé par: la chatte serieuse | 09 janvier 2008 à 15:02
Quand j'ai entendu "Avec Carla, c'est du sérieux" j'ai immédiatement pensé à:
"avec toniglandyl, ma bite c'est du béton".
Je ne sais pas pourquoi... Vous savez, vous?
http://fr.youtube.com/watch?v=1WVKuE6YGWA
Rédigé par: Lo | 09 janvier 2008 à 17:09
hier on m'a avancé une hypothèse amusante, selon laquelle cette aventure médiatisée avec Carla ("c'est du sérieux“... C'est vrai que ça a des relents de tonyglandyl ;) ne serait qu'une couverture pour cacher la vraie idylle de Mister Président (sans la musique de fond sexy marylinesque) avec Laurence Ferrari et éviter que la belle ne perde son job... Moué. De toute façon, Carla ou Lolo, ça ne changera pas ce que je pense de lui.
Rédigé par: Mlle A | 09 janvier 2008 à 17:34
"Sérieusement, il aurait pu faire mieux (...)".
Etre déçu, c'est avouer qu'on a placé un espoir entre les mains de ce bateleur industriel. Fallait pas.
Rédigé par: martin | 09 janvier 2008 à 19:13
Selon vous, comment aurait-il du répondre à la question qui lui a été posée sur sa "relation", et avec quels mots? Cette question s'adresse à tous. Personnellement, je ne sais pas.
Rédigé par: Lo | 09 janvier 2008 à 20:03
Pour répondre à Martin, oui la question était indiscrète et la réponse difficile mais peut-être aurait-il pu simplement ne pas s'exposer à une telle indiscrétion...
En s'affichant il a suscité la curiosité : à lui maintenant d'assumer en restant courtois pour sa belle. L'analyse de
D. Abiker est excellente : cette formulation est balourde... à l'image du personnage.
Rédigé par: julie3 | 09 janvier 2008 à 20:46
oups..."pour répondre à lo", fallait-il lire...
Rédigé par: julie3 | 09 janvier 2008 à 21:00
oups..."pour répondre à lo", fallait-il lire...
Rédigé par: julie3 | 09 janvier 2008 à 21:01
Le seul sérieux de sa relation avec Carla B, est qu'elle a été soigneusement préparée grâce à la collaboration de séguéla...
Un arrangement royal du type de Louis XIV avec l'infante d'espagne.
Remis à la mode d'aujourd'hui.
Il ne l'aime pas... Elle encore moins... Si ce n'est la fonction.
Rédigé par: Ramon | 09 janvier 2008 à 21:42
"Avec Carla c'et du sérieux". Petit exergue qu'on pourrait rajouter en post-scriptum au livre de Roland Barthes " Fragment du discours amoureux", non ?
Rédigé par: Walpole | 11 janvier 2008 à 00:25
Très juste....et pensez-vous que si elle s'était appelé Fernande il y serait allé d'un "je bande" :-) La testostérone lui monte au cerveau ....sera-ce bon pour le pouvoir d'achat ??
Rédigé par: AS | 22 janvier 2008 à 01:34
Ai-je dis merci pour ce billet qui donne envie de te revoir en télé?
Merci, sincèrement, j'ai ri.
Rédigé par: Antoine | 01 avril 2008 à 13:50
Je suis tout-à-fait d'accord, voici venu le temps d'un couple présidentiel plus flash, plus glamour, plus... que le bling-bling des Sarko-Bruni, qui finira bien par faire blong-blong, un de ces jours.
Rédigé par: carla bruni | 17 juillet 2009 à 19:19